Ménopause : pourquoi la peau change et comment en prendre soin ?

Avril X Émancipées

Ménopause : pourquoi la peau change et comment en prendre soin ? 

Sécheresse, relâchement, sensibilité, boutons tardifs, rougeurs, etc. une fois la ménopause installée, beaucoup de femmes ont l’impression de “ne plus reconnaître leur peau” ! 

Ce phénomène est tout à fait normal et lié à la chute des hormones féminines après la ménopause : en effet, le cycle menstruel étant à l’arrêt définitif, nos ovaires ne produisent plus d’œstrogènes et de progestérone. Or, ces hormones ne sont pas seulement liées à l’ovulation et la reproduction : elles ont un impact sur l’ensemble de notre corps, et notamment sur notre peau ! 

Que se passe-t-il exactement au niveau cutané chez les femmes ménopausées et comment adapter votre routine beauté pour adoucir cette transition ? Place aux explications ! 

Quels sont les effets de la ménopause sur la peau ? 

Le rôle des œstrogènes dans la peau

Les oestrogènes participent à la production de collagène et d’élastine, deux protéines essentielles qui donnent à la peau sa fermeté, sa souplesse et son élasticité

Elles contribuent aussi à  : 

  • Maintenir une bonne hydratation cutanée
  • Soutenir la production de sébum (qui protège naturellement la peau), 
  • Favoriser une bonne microcirculation
  • Optimiser les processus de cicatrisation. 

C’est la raison pour laquelle on a souvent une jolie peau au moment de l’ovulation, car c’est la phase du cycle menstruel où les oestrogènes sont au plus haut ! 

En revanche, quand les taux d’œstrogènes chutent, la peau peut ainsi devenir plus fine, plus sèche, moins rebondie et parfois plus réactive. Par ailleurs, avec la baisse des oestrogènes, le pH cutané tend à devenir plus alcalin, ce qui peut altérer la barrière cutanée et expliquer que la peau retienne moins bien l’eau. Cela peut également accentuer les irritations, la sécheresse et la sensibilité cutanée. 

Certaines études ont même montré qu’après la ménopause, les femmes perdraient environ 30 % de leur collagène cutané dans les cinq premières années suivant la chute hormonale, avant que la diminution ne se poursuive plus progressivement par la suite. 

 

Les changements cutanés les plus fréquents à la ménopause

Parmi les effets secondaires cutanés les plus fréquemment observés par les femmes ménopausées, on retrouve notamment :

  • Une peau plus sèche et inconfortable, avec des sensations de tiraillement, notamment après la douche
  • Une perte de fermeté et d’élasticité, avec une peau qui paraît plus fine et des rides parfois plus marquées
  • Une peau plus sensible et réactive, sujette aux rougeurs et aux irritations
  • Le retour de l’acné, qui peut s’expliquer en partie par une influence plus importante des hormones androgènes (dites “masculines”), moins contrebalancées par les œstrogènes
  • L’apparition ou l’accentuation de taches pigmentaires.

 

Pourquoi certaines femmes ont des symptômes plus marqués que d’autres ?

Cela peut être vécu comme une grande injustice, car certaines femmes voient leur peau bien plus impactée par la ménopause que les femmes qui les entourent. Mais pourquoi ? 

 

La génétique oui, mais pas seulement ! 

La génétique peut bien sûr avoir son rôle à jouer dans le vieillissement cutané, mais nos habitudes de vie ont clairement un impact aussi ! 

 

L’exposition solaire

On pense bien sûr à l’exposition prolongée aux rayons UV du soleil, qui est l’une des causes majeures du vieillissement. Les UV accélèrent en effet la dégradation du collagène et de l’élastine et la peau peut devenir plus fine, moins tonique, marquer davantage et voir apparaître plus rapidement rides, ridules et taches pigmentaires.

Et ce n’est pas seulement une question de “coup de soleil” : même une exposition chronique et modérée, au quotidien (terrasse, voiture, marche, déjeuner dehors…), peut progressivement contribuer au phénomène. C’est d’ailleurs ce qu’on appelle le photovieillissement, c’est-à-dire le vieillissement cutané lié au soleil.

Les UVA sont particulièrement impliqués dans ce processus car ils pénètrent profondément dans la peau et génèrent du stress oxydatif, tandis que les UVB sont davantage responsables des brûlures solaires. D’où l’intérêt d’une protection solaire régulière, même quand il ne fait pas très chaud ou que le ciel est nuageux.

 

L’alcool

L’alcool peut lui aussi favoriser le vieillissement cutané, par plusieurs mécanismes ! Il a tout d’abord tendance à favoriser la déshydratation : or, une peau moins hydratée paraît souvent plus terne, moins souple et marque davantage les ridules et les signes de fatigue ! D’ailleurs, il est important de boire au moins 1,5L d’eau par jour pour maintenir un niveau d’hydratation suffisant, autant pour votre peau que pour votre santé globale. 

L’alcool augmente également le stress oxydatif, c’est-à-dire la production de molécules instables appelées radicaux libres, qui peuvent endommager les cellules de la peau, le collagène et l’élastine. À long terme, cela peut contribuer à une perte de fermeté et à un vieillissement cutané accéléré.

Il peut aussi perturber le sommeil, qui joue un rôle clé dans les mécanismes de réparation et de régénération de la peau. Même si on s’endort plus facilement après avoir bu, la qualité du sommeil est souvent moins bonne, avec davantage de micro-réveils et un sommeil profond moins réparateur.

Chez certaines personnes, l’alcool peut également accentuer les rougeurs et l’inflammation cutanée, notamment en cas de peau sensible, de rosacée ou de troubles inflammatoires. Enfin, une consommation régulière et importante peut aussi être associée à des carences nutritionnelles (antioxydants, vitamines du groupe B, zinc…), qui peuvent indirectement affecter la santé de la peau.

Bref : ce n’est pas “un verre = des rides”, évidemment, mais une consommation chronique et importante d’alcool peut clairement participer au vieillissement cutané.

 

Le tabac

Le tabac est l’un des facteurs les plus clairement associés au vieillissement prématuré de la peau. En effet, la fumée de cigarette contient des milliers de composés chimiques capables d’augmenter le stress oxydatif et d’endommager les cellules cutanées.

Fumer favorise notamment :

●     la dégradation du collagène et de l’élastine

●     une diminution de la microcirculation sanguine, donc un apport moins bon en oxygène et en nutriments ;

●     une augmentation du stress oxydatif et de l’inflammation ;

●     une moins bonne capacité de réparation cutanée.

Résultat : le teint peut devenir plus terne, la peau plus fine et les rides plus marquées, en particulier autour de la bouche et des yeux. Le tabac est aussi associé à une cicatrisation moins efficace et à une aggravation de certains troubles inflammatoires de la peau ! 

 

Le manque de sommeil

Pendant le sommeil, le corps active de nombreux mécanismes de réparation et de régénération cellulaire : c’est notamment durant le sommeil profond que certaines hormones impliquées dans la réparation des tissus sont davantage sécrétées !

Quand le sommeil est insuffisant ou de mauvaise qualité, cela peut favoriser :

●     une augmentation du cortisol (l’hormone du stress) ;

●     davantage d’inflammation et de stress oxydatif ;

●     une altération de la barrière cutanée ;

●     une moins bonne réparation des dommages accumulés dans la journée.

Concrètement, cela peut se traduire par une peau plus terne, plus sensible, des cernes plus marqués, une moins bonne hydratation et parfois une accentuation des signes de l’âge à long terme.

 

Le stress chronique

Le stress chronique agit lui aussi via plusieurs mécanismes biologiques, notamment par l’augmentation prolongée du cortisol. Or, lorsqu’il reste élevé longtemps, le cortisol peut perturber l’équilibre de la peau.

Le stress chronique est notamment associé à :

●     une augmentation de l’inflammation ;

●     davantage de stress oxydatif ;

●     une altération de la barrière cutanée ;

●     une production de sébum parfois perturbée ;

●     une dégradation plus importante du collagène.

Chez certaines personnes, il peut aussi aggraver des problèmes de peau déjà présents, comme l’acné, l’eczéma, le psoriasis ou la rosacée. Et évidemment, stress, sommeil, alimentation, alcool ou tabac ont souvent tendance à s’auto-entretenir, ce qui peut créer un effet cumulatif sur la santé cutanée.

 

L’alimentation déséquilibrée

L’alimentation peut elle aussi influencer le vieillissement cutané, notamment via son impact sur l’inflammation, le stress oxydatif et la qualité des tissus de la peau !  Une alimentation pauvre en nutriments essentiels peut fragiliser la production de collagène, altérer l’hydratation cutanée et limiter les capacités de réparation de la peau.

À l’inverse, une alimentation riche en protéines, en bons gras (comme les oméga-3), en fruits, légumes et aliments riches en antioxydants semble associée à une meilleure santé cutanée globale. Certains nutriments, comme la vitamine C, jouent par exemple un rôle important dans la synthèse du collagène et la protection contre le stress oxydatif.

Une consommation excessive de sucres raffinés et d’aliments ultra-transformés pourrait également favoriser certains mécanismes impliqués dans le vieillissement cutané, notamment la glycation, un phénomène qui peut rigidifier les fibres de collagène et d’élastine.

En listant ces 6 facteurs d’aggravation du vieillissement cutané, on comprend mieux pourquoi la génétique n’est qu’un paramètre parmi d’autres ! Ainsi, bien que la chute hormonale soit inéluctable et physiologique, on a quand même un peu de pouvoir sur la qualité de sa peau à la ménopause, en changeant quelques habitudes d’hygiène de vie ! :) 

 

Et les perturbateurs endocriniens dans tout ça ?

Dès qu’il est question d’hormones, on pense forcément aux perturbateurs endocriniens et c’est bien normal ! Pour rappel, les perturbateurs endocriniens sont des molécules chimiques qui peuvent interférer avec le système hormonal, soit en imitant nos hormones naturelles ou en bloquant leurs récepteurs. 

 

Bien sûr, les perturbateurs endocriniens ne sont pas responsables de la ménopause, mais ils peuvent mettre encore plus le bazar, surtout lors d’une période charnière dont on parle encore peu, la périménopause ! 

 

La périménopause (ou pré-ménopause) correspond à l’arrêt très progressif du cycle menstruel vers la ménopause, qui peut durer plusieurs années (jusqu’à 10 ans) : cette période est un peu une période de chaos hormonal, avec des fluctuations marquées et parfois imprévisibles qui reflètent la mauvaise qualité de communication hormonale entre le cerveau et les ovaires. Là encore, cette phase de transition est normale, mais peut-être encore plus perturbée par les perturbateurs endocriniens ! 

 

Ce sujet est vaste, complexe et il reste encore beaucoup de zones d’ombre à éclaircir, notamment sur les mécanismes en jeu au niveau du cycle menstruel et des hormones féminines, que l’on soit ménopausée, ou non. 

 

Néanmoins, on sait que certains produits du quotidien en contiennent, tels que la plupart des produits de beauté et cosmétiques conventionnels, les bougies parfumées et parfums d’ambiance, un grand nombre de produits ménagers, ou encore les contenants en plastique. Pour ne citer qu’eux ! 

 

Comment prendre soin de sa peau à la ménopause ?

Revenir à une routine plus simple et plus douce

En général, “less is more” : au lieu d’accumuler les produits cosmétiques, on peut alléger sa routine quotidienne en choisissant des produits de qualité. 

 

Le nettoyage doit être doux (on ne “décape” pas !), on évite la sur-exfoliation, et il faut également veiller à la nourrir et l’hydrater avec une huile/crème adaptée. 

 

La protection solaire devient encore plus importante

On l’a dit, les rayons du soleil accélèrent le vieillissement de la peau et peuvent accentuer les tâches pigmentaires et les rides au moment de la ménopause, surtout si on a bien puisé dans son capital soleil par le passé ! 

 

Il s’avère donc essentiel de protéger sa peau, en utilisant une crème solaire au quotidien, notamment dès que l’indice UV est supérieur à 3 (source) (et pas seulement en été !). On veille aussi à protéger son visage avec un chapeau ou une casquette dès qu’on s’expose ! 

 

Faut-il changer tous ses cosmétiques à la ménopause ?

Rassurez-vous, l’idée n’est pas que vous jetiez tous vos cosmétiques dans la minute ! Il est juste important que vous puissiez avoir conscience que vos produits ne sont peut-être pas si “clean” que ça et qu’il serait intéressant d’en remplacer certains quand ils seront terminés :) 

Pour savoir si vos produits sont exempts de perturbateurs endocriniens, vous pouvez les scanner via INCI Beauty, qui vous donne une note sur 20 et met en exergue les composants problématiques. 

Et si vous souhaitez savoir comment vous sous situez en termes d’exposition aux perturbateurs endocriniens (au niveau de votre peau, mais pas que !), voici un quiz rapide pour faire le point et repartir avec des pistes concrètes, sans culpabilisation ni injonctions irréalistes ! 

On espère en tout cas que cet article vous aura permis d’y voir plus clair et de mieux comprendre votre peau si vous avez passé ce cap de la ménopause : c’est la première étape pour en prendre soin de la manière la plus douce et efficace possible !

 

A propos de l'auteur

Cet article a été rédigé par :

 

Laurène Sindicic

Conférencière et Autrice

Spécialiste de la fertilité et des hormones

Créatrice du compte Instagram @emancipees.

 

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